Théâtre du Campagnol et Association Campagnols

Le théâtre du Campagnol est une compagnie créée en 1975 par Jean-Claude Penchenat, comédien, co-fondateur du théâtre du Soleil, metteur en scène, et par un groupe de comédiens à l’occasion de la création du Triomphe de l’amour de Marivaux.

En novembre 1977 la compagnie se constitue en SCOP au moment des répétitions de David Copperfield,  d’après Charles Dickens, spectacle qui sera donné une saison entière à la Cartoucherie de Vincennes grâce à l’aide d’Ariane Mnouchkine et du théâtre du Soleil.

En 1980 le théâtre du Campagnol s’installe dans une piscine des années 30 désaffectée à Châtenay-Malabry (92) en banlieue sud de Paris.

En parallèle à ses nouvelles créations, la compagnie entreprend un vaste travail d’animation, de sensibilisation de nouveaux publics et de formation.

Après le succès du spectacle Le Bal, un nouveau Centre Dramatique National est spécialement créé par le Ministère de la Culture et les collectivités locales qui consacrent le travail de la compagnie en banlieue Sud et donnent les moyens de réhabiliter La Piscine.

Le collectif artistique reste le cœur du  nouveau Centre Dramatique National de la banlieue Sud qui est placé sous la direction de Jean-Claude Penchenat.

Avec des moyens renforcés, le théâtre du Campagnol se développe en gardant le même esprit de « coopérative », à Châtenay-Malabry, Antony, Bagneux, Palaiseau, Verrières-le-Buisson.

Puis le CDN ira s’établir à Corbeil-Essonnes (91) en 1993 avec une mission en très grande banlieue Sud de Paris. Il ouvrira le nouveau théâtre de Corbeil-Essonnes. Il en sera abusivement chassé par le maire nouvellement élu en 96, Serge Dassault, qui dénonce les termes de la convention. Malgré le mouvement de protestation de professionnels du théâtre et d’habitants de la ville, le CDN devra partir en 1997.

Après un séjour à la Grande Halle de La Villette, il se réinstallera finalement à Arcueil (94) avec le soutien du Conseil Général du Val de Marne.

En 2004, après un bel itinéraire, plus de soixante créations, et une grande fidélité des équipes et des spectateurs, la compagnie décide de s’auto-dissoudre.

L’association Campagnols  a pour but de garder vivante et accessible la mémoire de cette aventure. Elle a édité par souscription un livre de photographies et de textes. Elle maintient les liens entre celles et ceux qui ont contribué aux activités du  théâtre du Campagnol, souvent sur de longues durées, et les personnes intéressées par cette histoire.

Les archives complètes de la compagnie ont été déposées à la BNF-Richelieu et sont consultables sur place ainsi que les fonds du décorateur Roberto Moscoso et de la créatrice de costumes Françoise Tournafond.

Le livre d’images et de textes, composé par Michel Toty et Jean-Claude Penchenat, a été édité en tirage limité à quatre cents exemplaires en 2016. Actuellement épuisé, il est néanmoins consultable par le menu "Le livre du Campagnol" de ce site.

Les recherches par mots clés - noms de spectacles, noms de comédiens, auteurs,  metteurs en scène, costumiers, décorateurs, etc - vous permettront de retrouver facilement une production.

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Dans la rubrique "Actualités" vous trouverez des renseignements sur les activités récentes de Jean-Claude Penchenat et des personnes qui ont participé à l’aventure  du Campagnol.

 

 

 

 


 

Une pièce orchestrale

 

A partir d’une première préoccupation qui était de faire participer de nombreux comédiens amateurs de la région à une création autour de la Commémoration de 89, Vera Feyder, après avoir observé la situation arrageoise, a commencé à écrire une partition d’orchestre tenant compte des instruments prêts à jouer…

Dès l’ouverture, la pièce fait découvrir tambours, violons et flûtes, par duo, trio ou solo. Ils font entendre quelques thèmes qui se croisent et se répondent dans l’attente du « chef », qui va prendre en main l’orchestre, changer la tonalité, désaccorder, réaccorder l’ensemble à sa manière.

Dès la seconde partie, les instruments prêts à attaquer le grand air du « Chant du Retour » développent les thèmes, et se préparent à faire sonner les cuivres, grincer les cordes, souffler les vents jusqu’à la tempête finale.

C’est à Maxime, le héros, à mener jusqu’au bout la partition de son délire et de son désir, à introduire des variations incongrues là où tout s’annonçait harmonieux. De cette harmonie toute municipale, coutumière du flonflon, du couac, de la rengaine, Maxime exigera un ton lyrique, généreux, grinçant mais juste.

Faire peu à peu exister cette pièce « orchestrale », la décrypter, l’apprendre à tous les interprètes, avoir le redoutable privilège de la créer, c’est-à-dire de lui imprimer un ton définitif, voilà qui est exaltant et terrifiant … Faire comprendre aux 45 acteurs (45 acteurs sur un plateau, cela devient rare par ces temps d’économies) qu’ils doivent jouer la même partition alors qu’ils viennent d’horizons très différents. Transporter les solistes de « l’orchestre d’Arras » à celui de Châtenay-Malabry, c’est excitant …

Les deux distributions, d’Arras et de Châtenay-Malabry, rassembleront en tout 90 comédiens … que de noms, de visages … Premier filage à Châtenay, demain première répétition à Arras dans le décor où Aurélie ne sera plus Suzanne ou Marie, mais Marie-Louise, par contre Hélène sera toujours et partout Mathilde.

Un tourbillon que la pièce vient encore accélérer :

  • Nicolas joue Maxime, qui se fait appeler Fortuno Sorano, et qui rappelle Maximilien, c’est-à-dire Robespierre,

  • Dimitri joue Constantin qui se veut Toussaint Louverture.

On se surprend à se poser le pourquoi de chaque nom, de chaque prénom. Nom choisi, nom imposé, nom caché, la filiation n’est pas si simple qu’on le croit. Le théâtre lui aussi est une remise en question constante de son nom de baptême, de sa mémoire, de ses forces.

Cette aventure, cette filiation 200 ans après, c’est celle que l’on verra vivre dans la pièce autour d’un thème majeur, celui de la Liberté, menacée par les grandes et petites tyrannies. « Nous avons des tyrans par ce que nous en sommes » (Victor Hugo – « Liberté »).

Il faudra envisager ce spectacle avec ce qui lui est particulier, ce qui fait son originalité, à travers la belle idée révolutionnaire : le théâtre comme la révolution doit être fait par tous et pour tous.

 

Jean-Claude PENCHENAT le 29 Mars 89.

 


 

 

 

 


 


 

Hugo dans le métro : La Grand-mère et Margarita (1985)

Premier centenaire de Victor Hugo, en commençant logiquement par sa mort (1885) : la RATP souhaite rendre hommage à sa popularité, à sa générosité, à son théâtre dans le métro. Ce sera dans l’immense hall de la station Auber, et elle choisit le théâtre du Campagnol. Chiche ! Dans un décor de châteaux hugoliens parfaitement peint par les ouvriers de la RATP, mais qui laissait apparaître les affiches de la station, sur un praticable couvert de (faux) gazon récupéré au théâtre des Amandiers de Nanterre, se jouaient La Grand-mère (du Théâtre en liberté) et Margarita, (des Quatre vents de l’Esprit), pièces courtes et jusque là jamais données en public. On pouvait assister à tout ou partie du spectacle, assis,  ou en « prendre » quelques minutes, accoudé à des barrières de sécurité, au fil des correspondances et des heures de la journée, car les horaires des séances variaient chaque jour, sur trois semaines.

Le défi était rude, mais jamais aucun acte de malveillance n’a été commis contre le petite scène ou la baraque de bois servant de coulisses. Le son des haut-parleurs était baissé… Une seule, et grosse, perturbation : le jour de la première, des photographes sont montés sur le plateau, au mépris des comédiens,  pour saisir un spectateur prestigieux : Jack Lang, alors ministre de la culture. Passons.

Nous avons mis de l’air frais dans le métro : Geneviève Rey-Penchenat, en Grand-mère souveraine et tyrannique, et finalement fondue d’amour pour ses petits enfants, accueillant une bru honnie, a rendu plus immortel encore l’alexandrin : « Mon Dieu que cela fait du bien d’être en colère ! ». Jean-Louis Grinfeld, en usurpateur fatigué cherchant un amour frais dans Margarita, a su faire rimer « …une robe à six sous l’aune » avec « …Babylone ».

Une anecdote de répétition : Lucie (5 ans), trouvant la pause trop longue : « alors, quand est-ce qu’on s’y met ? ».

Mise en scène : Christine Friedel. Décor : Véronique Mourrier. Lumières : Bertrand Llorca. Assistant à la mise en scène : Paul Marchal.
Comédiens : Jacques Born, Serge Coursan, Françoise Grancolin, remplacée à la reprise par Catherine Berriane et Danièle Rochard, Jean-Louis Grinfeld, Paul Marchal, Geneviève Rey-Penchenat. Et les enfants, en alternance, Lucie Philippe, Thomas et Pierre Savy, Mathieu Busson, et la plus gentille, la plus raisonnable, la plus gaie et l’aînée de cette petite troupe qu’elle tenait par la main : la petite fille dont j’ai injustement oublié le nom (les archives ayant été égarées), mais pas le visage.

Christine Friedel

  


 

 

Geneviève Rey-Penchenat (La margrave), Serge Coursan (Le bailli). Photo de répétition : Alain Fonteray.

 


 

Jacques Born, Françoise Grancolin (Margarita). Photo Fabienne Jouclas.

 


 

 

 Jean-Louis Grinfeld (Le Duc Charles), Françoise Grancolin (Emma). Photo Fabienne Jouclas.


 

 

Jean-Claude Penchenat et des élèves au théâtre du Campagnol à Arcueil. Travail dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo en collaboration avec le ministère  de l'éducation nationale. Photo : Jean-Marie Beaumont. 

 


 

 

Jean-Claude Penchenat et des élèves au théâtre du Campagnol à Arcueil. Travail dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo en collaboration avec le ministère  de l'éducation nationale. Photo : Jean-Marie Beaumont. 

 


 

 

 Les comédiens intervenants sur les rencontres avec les élèves. De gauche à droite : Ricardo Lopez-Munioz, Alexis Perret, Myrrha Donzenac, Jean-Claude Penchenat, la représentante du ministère de l'éducation nationale, Thiery Lavignon . Photo : Jean-Marie Beaumont. 

 

 

 Les comédiens intervenants sur les rencontres avec les élèves. De gauche à droite : Myrrha Donzenac, Geneviève Rey-Penchenat, Jean-Claude Penchenat, Ricardo Lopez-Munioz,  sur les gradins au milieu des élèves. Photo : Jean-Marie Beaumont.